Editorial

La diplomatie du vaccin

En administrant au peuple le vaccin indien Covaxin qui attend toujours l’approbation de l’Organisation mondiale de la santé, le gouvernement mauricien aurait-il décidé de privilégier ses liens diplomatiques au détriment des risques potentiels encourus par les personnes vaccinées ? C’est la question que l’on doit se poser avec la décision de poursuivre le programme de vaccination de masse avec le Covaxin et les réponses évasives du responsable du Vaccination Committee du ministere de la Santé.

Après la guerre des masques où d’importantes cargaisons étaient négociées et allouées sur le tarmac des aéroports, assistons à la diplomatie du vaccin ? Quoi que de moindre envergure, mais non moins importante, puisqu’il y va de la santé de la population, l’initiative inédite prise par l’Inde d’offrir pro bon quelque 6,47 millions de doses de vaccins, pour renforcir ses relations avec des pays ciblés, mais surtout pour contrecarrer l’influence de la Chine sur la région, devrait attirer l’attention des décideurs.

Toutefois, selon le journal indien India Today, le Covaxin ne trouverait pas preneur. Des 6,47 millions de doses de vaccins, seulement 200 000 étaient du Covaxin, le reste étant le covishield produit par le Serum Institute. Le gouvernement indien avait décidé d’offrir le premier vaccin développé en Inde au Myanmar, à la Mongolie, Oman, Bahrain, les Philipines, les Maldives et Maurice comme un geste de bonne volonté. En plus du Myanmar, qui aurait déjà injecté 200 000 doses à ses forces armées, seule Maurice aurait décidé de vacciner sa population avec le Covaxin.

L’initiative de Modi vise à démontrer la force de l’Inde en tant que plus grand fabricant de vaccins au monde, de renforcer les liens régionaux et de contrer la puissance politique et économique de la Chine.

Quoi qu’il en soit, pour la CAP, les consommateurs doivent se prévaloir du principe de précaution et leur droit au choix.