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Cartes de credit: La CAP met en garde contre la Plastic Trap

Ce sont les cartes de crédit qui viennent aux portes des consommateurs. Tel est le constat de la Consumer Advocacy Platform (CAP) qui reçoit de nombreuses plaintes ou de demandes d’information de la part de consommateurs pris au piège de l’endettement suite à l’utilisation d’une carte de crédit dont ils n’avaient pas fait la demande. Dans la plupart des cas relevées, les détenteurs n’étaient même pas éligibles.

Posséder une carte de crédit dans le monde de la technologie peut être un avantage certain pour ceux qui savent en contrôler l’utilisation, mais un enfer pour des personnes ignorant tout du crédit revolving et des risques de se faire prendre au piège de l’endettement.

Le cas de ce maçon d’un petit village de l’ouest dont les revenus sont en dents de scie mérite d’être relevé. Sans en faire la demande, il s’est vu offert une carte de crédit de la part d’une institution financière non-bancaire dont, le but, assure-t-on est de promouvoir le crédit responsable. Il l’a utilisée pour faire un retrait de Rs 8000 sur le guichet automatique d’une banque.

Depuis, il s’arrache les dreadlocks à la réception de nombreux rappels pour non-remboursement. Ceci n’est qu’un des nombreux cas recensés où des personnes dont la solvabilité est incertaine, ne disposant pas d’un métier stable et qui n’ont même pas reçu la moindre information sur l’utilisation d’une carte de crédit. Pire, il leur aurait été expliqué qu’ils pouvaient utiliser la carte de crédit pour faire des retraits aux guichets ATM contre un paiement de Rs 100, une porte de secours, qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses, pour ceux qui ont des difficultés financières.

Selon les observations de la CAP, des cartes de crédit auraient été offertes lors de sessions, dites d’information, dans divers villages de l’ile. Une ONG dont la vocation est de protéger les emprunteurs abusés, recevant des dons de cette institution financière, pourrait avoir été ainsi abusée. L’institution financière aurait utilisé sa plateforme pour délivrer des cartes de crédit à qui en veut. Lors de notre passage en direct sur émission-radio, nous avons été interpellé par d’autres auditeurs, des villages de Tamarin et Deux Frères, entre autres, qui ont confirmé avoir obtenu des cartes de crédit de cette institution financière non-bancaire sans informations sur son utilisation judicieuse.

L’autre stratégie pour séduire un client potentiel à prendre une carte de crédit est de lui vanter la flexibilité et la versatilité de la carte lors d’un achat à tempérament. Pour la Consumer Advocacy Platform, qui a maintes fois averti les consommateurs par le biais d’émissions à la radio ou sa participation active dans la série d’émissions Konsom’ Aktion diffusée sur la chaine kreol de la MBC Tv, il incombe aux instituions émettrices de ces cartes de remettre aux consommateurs toutes les informations appropriées. La CAP déplore que des clients n’aient pas été avertis des risques de l’utilisation de la carte pour faire un retrait, ou encore du cumul de l’intérêt mensuel en cas de non remboursement.

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La carte de crédit pour contourner le Hire Purchase Act
Depuis la réduction du taux d’intérêt sur le Hire Purchase et l’abolition de la pénalité sur les retards, vendre à tempérament ne serait plus intéressant pour des agences de financement du
crédit.

Depuis peu, une agence de financement, convertie en institution financière non-bancaire, aurait trouvé une nouvelle astuce pour amadouer les acheteurs à crédit à devenir des détenteurs de carte
de crédit. Cette institution, qui détient le monopole dans le domaine de la vente à crédit, et qui a du amender ses pratiques suite aux plaintes de la CAP auprès de la Competition Commission,
octroierait des cartes de crédit aux demandeurs de fonds pour l’achat à tempérament.

C’est ainsi que des personnes dont la solvabilité est aléatoire ou sans profession fixe se sont retrouvés avec des cartes de crédit. Cette dame seule d’un petit village de l’est, qui n’a pour
demeure qu’une minuscule case en tôle érigée par la NEF, dispose d’une carte lui permettant une limite de Rs 6 000. De plus, elle a été informée qu’elle peut, si elle le veut, faire des retraits d’argent au guichet ATM de n’importe quelle banque, contre une surcharge de Rs 100 par retrait.

Et voila comment depuis une quinzaine de mois elle s’est retrouvée dans l’impossibilité de rembourser la balance de plus de Rs 4000 sur l’achat d’un congélateur.

Un exercice de shopping-mystère nous a confirmé la facilité avec laquelle l’on peut disposer d’une carte de crédit auprès de cette institution. Il suffit que l’on prouve que l’on ait une rentrée d’argent régulière, même s’il s’agit de la pension de vieillesse mensuelle. Une limite de crédit, qui peut aller au-delà de Rs 10 000, vous est fixée. L’intérêt sur la balance restante après un premier remboursement est de 2% mensuellement, soit 24% par an, contre 12 % sous le Hire Purchase Act. Il nous a été confirmé que l’institution n’offre aux demandeurs aucun contrat.

Le client ne disposerait ainsi d’aucune information quant aux conditions de l’émission et l’utilisation de la carte. Interrogé sur la possibilité d’obtenir une brochure ou encore un imprimé
sur ces conditions, le préposé nous a affirmé qu’il n’y en avait pas.

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